on se la pète (redite?)

Publié le par lapin gris

Le fait que données induites, données de lecture et texte-à-voir soient matières d'oeuvres de la même fonction ne signifie nullement que le comportement temporel du processus les rende simultanés. De même l'intervention du personnage qui lit dans l'éventuelle élaboration de ces données ne signifie pas que les actions qu'il réalise alors correspondent à une lecture au sens du modèle car ce personnage ne joue pas alors le rôle de destinataire du processus (définition du lecteur), il n'en est qu'un instrument. L'examen du comportement de la fonction génération dans Prolix de Christophe Petchanatz mettra en exergue cette caractéristique


Prolix donne à voir de façon automatique un texte-phrase ininterrompu obtenu par une opération de cut up entre deux textes-phrases. Ces cut-up sont « préparés » par une phase qui se déroule elle-même en deux temps. Dans un premier temps le programme « vous » invite à créer des textes-phrases. Le « vous » à qui s'adresse cette phase n'est pas le lecteur mais un auteur de textes-phrases quelconque puisque le programme ne les différencie pas ensuite en fonction de leur origine. Cette phase n'a pas le même destinataire que le programme Prolix. Le « vous » agit ici en tant qu'instrument. Mais cet instrument n'est qu'un auxiliaire dans la phase de génération des données induites, celle-ci étant en réalité confiée au programme Prepare dont Christophe Petchanatz explique le travail en ces termes (c'est moi qui en souligne les mots les plus pertinents pour notre propos) : « Prepare enregistre sa version de votre texte dans un fichier .P_P. Prepare modifie le fichier de manière qu'il soit débarrassé d'éléments qui pourraient gâcher le travail de Prolix ». Les caractéristiques des données induites y sont presque toutes énumérées : nécessité d'un instrument, modification du résultat de son action (aspect génératif), mise en forme de celles-ci en vue d'une autre étape (sous-fonction) de la génération, réalisée ici par un autre programme (prolix). Mais ce texte ne nous informe pas sur la manière dont les textes ASCII entrés par l'instrument sont modifiés. On se rend compte à l'usage que la ponctuation du texte-phrase est interprétée : les points et sauts de lignes sont interprétés comme des séparateurs d'unités syntaxiques minimales alors que les autres signes de ponctuation sont traités en tant que caractères non particuliers internes à ces unités minimales. Ces textes-phrases ne sont utilisés qu'en tant que contenu, mais la structure de donnée qui les décrit dans le générateur est bien imposée par ce générateur. Elles ne peuvent pas non plus modifier le fonctionnement du générateur. Dans un troisième temps un second programme, Prolix, utilise ces fichiers pour mélanger, certainement de façon aléatoire, de façon ininterrompue deux textes-phrases créés dans la première phase. Dans cette phase le lecteur est invité à mettre l'ordinateur en pause pour interrompre momentanément le processus de « cut-up » et prendre connaissance du résultat. Cette action est tout à fait différente de celle du lecteur invité à relancer le processus de génération d'un générateur automatique balpien (bouton : autre lecture).

Dans Prolix le processus textuel se présente clairement comme un automate à produire des textes-phrases multiples et incohérents dans un même texte-à-voir selon le procédé mécanique du cut-up. Le contexte de lecture se manifeste par l'impossibilité de lire les textes-phrases réalisés par l'automate au fur et à mesure de leur production et la part des données de lecture en provenance des actions conscientes du lecteur (les données-lecteur du modèle) se limitent, au moins pour leur partie matérielle, à l'activation de la touche pause. Mais d'autres données de lecture peuvent compléter celle-ci. Ayant compris le mécanisme de production du texte-à-voir, le lecteur peut, par exemple, orienter dans une certaine mesure le comportement rythmique ou sémantique des textes-phrases générés. Il le fait en gérant la structure des fichiers ASCII qu'il entre, notamment par la position des points, des sauts de ligne et des majuscules. Il lit alors le résultat obtenu en complétant le texte-à-voir généré par les souvenirs des textes qu'il a entrés et de la structure visée. Ceux-ci agissent en tant que contraintes qu'il impose à l'instrument (lui-même) pour la génération des données induites (les fichiers ASCII). Ces souvenirs sont bien des données de lecture, à usage du générateur, et non des données pour la fonction lecture malgré leur intériorité au sujet lisant.

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Artis 06/11/2005 12:41

oO ... Niak!!!
Oui oui moi aussi ^^